Le gavage en épinettes : pour ou contre ?

Le gavage en épinettes : pour ou contre ?

30 septembre 2019 1 Par Charles

Récemment, nous abordions la question du gavage artisanal pour du canard et du foie gras 100 % maison, de A à Z. Nous avions convenu d’employer les méthodes les plus simples et traditionnelles, en évitant par exemple les gaveuses électroniques.

À présent se pose la question de l’emplacement dévolu aux canards au cours du gavage, lequel durera entre 14 et 17 jours environ.

Deux bonnes solutions : le penon ou le semi-plein air

L’air libre ?

Gaver ses canards puis les laisser librement gambader avec le reste de la basse-cour serait une erreur terrible. Non seulement ils pourraient être difficiles à trouver pour la ration suivante si l’espace est trop grand, mais en plus ils vont se dépenser et manger des insectes ou verdures qui contrecarreront l’effet même du gavage au maïs.

En revanche, on pourra très bien gaver ou parquer ses canards gavés en plein air, dans un petit enclos réalisé à cet effet. L’espace dévolu aux palmipèdes sera ainsi limité, et ses ressources alimentaires inexistantes. Avec cette méthode, les résultats sont excellents. Le seul désavantage, en fonction de la période, est de pouvoir soi-même se retrouver sous la pluie ou dans le grand froid lorsqu’il faut gaver.

Le penon : une panacée

Une autre solution très pratique, courante et efficace consiste à aménager un penon ou box, dans une dépendance par exemple, pour ses canards et le gavage. Rappelons que le penon est un mot typique du Sud-Ouest pour désigner les enclos en dur établis pour les cochons.

Là, le gaveur est à l’abri de la pluie et les canards le sont des courants d’air (une bonne chose par rapport au plein air, en fonction de la météorologie). La seule limite est celle de la surface au sol dévolue aux palmipèdes : leur nombre maximal en sera ainsi réduit en fonction, car trop de volatiles se tiendraient chaud. Pas de minimum en revanche !

Il est conseillé de laisser les canards vaquer librement dans ce petit espace, et d’installer son point d’eau près de la porte d’entrée du penon tout en évitant qu’il puisse être renversé ou que les canards puissent patauger dedans.

Attention, il est indispensable de laisser le jour pénétrer dans le penon : on préférera alors les portes grillagées ajourées, très courantes. Si elle est en bois, il faudra la couper à mi-hauteur : les oiseaux ne s’en échapperont pas pour autant !

Malheureusement, il existe des penons bas de plafond et des gaveurs hauts de taille… Alors attention à la tête !

Les cages : oui ou non ?

Pour moi, la réponse est nette : c’est NON !

Les cages collectives, actuellement utilisées dans de nombreux élevages conventionnels pour le gavage, n’ont aucun intérêt dans un environnement domestique, le penon la reproduisant à une échelle un peu plus grande.

La tentation pourrait être celle des épinettes ou ensembles de cages individuelles dans lesquelles les canards ne peuvent pas bouger. J’ai essayé, par curiosité, mais je ne m’y reprendrai pas.

Sans nul doute, l’épinette est très pratique : il suffit d’arriver, de remplir la gaveuse, d’embucquer et de gaver. La rapidité est accrue. Et il est probable qu’on puisse obtenir des résultats probants plus rapidement et avec moins de maïs, les animaux ne se dépensant pas du tout.

Les inconvénients sont cependant bien réels. Il peut tout d’abord y avoir la difficulté à installer comme il faut des abreuvoirs, à la bonne hauteur ; tandis qu’il faudra prévoir de surélever les épinettes pour ajouter de la paille au-dessous, par souci d’hygiène, les fientes arrivant évidemment toutes au même endroit.

Le plus dérangeant est le comportement de l’animal, qui ne pourra pas faire sa toilette ou battre des ailes. Il se ventilera moins aisément.

Surtout, s’il est très facile de récupérer à peu de frais des cages interdites dans les élevages conventionnels, elles ne sont pas toutes en bon état : si les planchers sont amovibles (théoriquement pour être plus facilement nettoyées après la période de gavage), des clips peuvent manquer, ce qui crée du jeu : une patte est vite coincée, et un canard peut passer une nuit sans pouvoir s’avancer assez en vue de boire. Les pertes sont naturellement possibles avec un tel mode de gavage.