Les animaux de compagnie, le symptôme d’une maladie bien française

Les animaux de compagnie, le symptôme d’une maladie bien française

4 octobre 2019 3 Par Charles

Chaque année, notamment à l’approche des grandes vacances estivales, les abandons d’animaux de compagnie se multiplient (ils sont estimés à 100 000 chaque année en France). C’est cependant plein automne que ce vieux sujet se retrouve sous le feu des projecteurs, comme en témoigne un récent article de BFM TV. Le durcissement législatif (pénal) est évoqué, mais il s’agit pourtant avant tout une question morale et de civilisation…

L’animal de compagnie, un souffre-douleur

Les animaux de compagnie sont plus nombreux que les êtres humains en France métropolitaine. Leurs effectifs dépasseraient les soixante-cinq millions.

Les Français n’ont plus d’enfants, mais ils ont des animaux. En ville, les surfaces habitables et les jardins se font rares, restreints et chers, mais cela n’empêche pas les gens d’avoir un animal de compagnie. Celui-ci est souvent un souffre-douleur : on ne le maltraite que rarement, mais on entretient volontiers avec lui une relation malsaine. Regardez autour de vous : il vous sera aisé d’identifier des personnes âgées souffrant de solitude et ayant un chien ou chat pour avoir de la compagnie. Pourri gâté, celui-ci est facilement dénaturé et malheureux, quoique son maître croie dur comme fer bien s’en occuper. Autre reflet de cet état : la stérilisation si courante (préludant à celle des êtres humains ?), ravalant si volontiers l’animal au rang d’objet.

Jadis, l’animal domestique n’était pas une compagnie. On l’aimait bien, mais on le laissait à son rang d’animal, en lui prêtant l’utilité qui lui revient : éloignement des souris, ras et loirs pour les chats ; garde d’un troupeau, surveillance d’une maison ou chasse pour les chiens, etc.

Et ne parlons même pas des « NAC », ces « nouveaux animaux de compagnie » (furets, serpents et autres) qui permettent à peu de frais de se forger une originalité si commune… ! Tout comme le jeune gagné par le mal-être et une crise d’identité se sent rebelle en épousant, à l’image de dizaines de milliers de ses contemporains, le style gothique, le satanisme ou encore des mœurs « alternatives » – si l’on veut pratiquer l’euphémisme.

La place délirante des animaux de compagnie est encore élargie par le poids économique qu’ils représentent. Dans les supermarchés, les rayons de litières et autres croquettes sont infiniment plus grands et fournis que les maigres articles de puériculture. Les magnétiseurs et guérisseurs pour animaux, plus ou moins charlatans, se multiplient sur le territoire. Tandis que des Français ne peuvent se soigner décemment, les « mutuelles » pour poilus marchant à quatre pattes brassent des volumes monétaires toujours plus importants.

L’abandon, ou l’incohérence

Les animaux de compagnie sont donc très souvent un genre de médicament quand on souffre d’un manque de compagnie. Mais dès lors que ce défaut d’affection disparaît, l’animal peut devenir un obstacle… Surtout si l’on veut partir librement en vacances, sans s’encombrer et sans se ruiner en pensions canines ou félines, d’où la multiplication des cas d’abandons. Eh oui, les maîtres n’ont même pas le courage de « supprimer » leurs anciens compagnons, à une époque où les officines faisant profession de protéger les droits des animaux se sont paradoxalement spécialisées dans leur élimination méthodique, une piqûre étant toujours rapidement faite.

Actuellement, la loi française punit déjà, par l’intermédiaire du code pénal, de trente mille euros d’amende et de deux ans de prison les personnes qui se rendraient coupables d’un abandon d’animal, fait assimilé à un acte de cruauté (alors même que le sang ne coule pas, ce qui devrait pourtant être supposé par l’étymologie). Ce sont des sanctions lourdes sur le papier, mais presque jamais appliquées.

L’errance des chiens et chats est une véritable plaie (danger sur les routes, mais aussi pour les poulaillers et les enfants) ; si cela continue et qu’une crise économique de grande envergure se déclare, la consommation de leur viande à la manière d’un gibier semble l’issue inévitable… comme pendant la dernière guerre où le civet de chat était en certains lieux une réalité. À moins d’agir, mais pas seulement pas avec du pénal, du politiquement correct et de la bien-pensance animaliste.

La réforme se doit d’être morale et intellectuelle ; c’est le mode de vie citadin, matérialiste, oisif et individualiste qu’il faut attaquer de front. Sans cela, aucune solution efficace ne sera possible.

Pour ma part, ni chien ni chat tant que l’utilité n’est pas au rendez-vous ; je préfère la compagnie des palmipèdes !