Les métropoles sont-elles encore françaises ?

Les métropoles sont-elles encore françaises ?

7 octobre 2019 3 Par Charles

Lors du « sommet de l’élevage », Didier Guillaume – ministre de l’Agriculture – a laissé échapper des propos stupéfiants. Entre les lignes, on y devine que les métropoles ne sont plus françaises, et que lui-même, qui en fait partie, membre du gouvernement Philippe dont il est solidaire, est étranger à la ruralité, et donc à la France.

D’importants contrastes territoriaux

En pensant défendre les agriculteurs qui incarnent le fonds de commerce de son ministère, Didier Guillaume a atteint l’objectif inverse. Il a notamment déclaré : « Critiquer nos agriculteurs, c’est du populisme total ». Imaginez le ministre de la Défense dire la même chose au sujet des militaires… ! Ces derniers jouissent pourtant d’une bonne considération au sein de l’opinion publique, tout comme les paysans… sauf, bien sûr, auprès des boboïdes parisiens qui font beaucoup de bruit parce qu’ils occupent des postes de direction et contrôlent la presse.

Pourtant, la réalité sur le terrain est bien différente. Sortez des grandes villes et métropoles où des bourgeois imbus de virtualité sombrent dans l’écologisme et le végétalisme, et vous trouverez la vraie population française. Celle-ci ne vote pas pour les Verts et, quoique ses bonnes vieilles traditions soient en recul permanent, elle vit plus près du réel.

Cette population française-là, rurale et de bon sens, terrienne et solide, n’aime pas les pesticides, métaux et autres ; pourtant, elle fait preuve d’un sage équilibre, parce qu’elle se rend compte des choses, sur le terrain. Surtout, elle n’apprécie pas que des citadins viennent donner des leçons à ses agriculteurs, quand ces derniers ne font généralement qu’appliquer les directives qui leur ont inculquées par les officines urbaines et autres ministères… Car c’est bien là le problème : les bobos urbains se nourrissent à des prix décents, sont abondamment ravitaillés et émargent des rémunérations parfois délirantes précisément parce que leurs voisins agro-industriels et agro-financiers ont industrialisé et dénaturé bien des modes de production agricole. Et ici, dans ce cadre, les agriculteurs et les populations campagnardes sont deux fois victimes, et des mêmes bourreaux.

Le racisme antipaysans ne peut être français

Le journal Le Point s’interrogeait ainsi sur l’existence d’un « racisme antipaysans » en France. Sans doute, un tel phénomène existe dans l’Hexagone, mais il ne saurait être le fait de vrais Français.

Sont particulièrement visées les offenses dont sont victimes les agriculteurs, principalement aux alentours des grandes villes et, plus encore, de Paris. On parle de visites surprises et malveillantes dans des élevages, des menaces contre des agriculteurs, des insultes…

À la baguette, les militants les plus forcenés : écologistes professionnels et antispécistes bien-pensants, se sentant investis d’une mission transcendante… Ils sont à leur tour soutenus par l’opinion de militants écologistes et d’« amis des animaux » (tout juste bons à rendre malheureux leurs compagnons à poils !) à peine moins extrémistes, et ainsi de suite. Les médias ne jouent pas toujours le beau rôle en la matière.

Il y a plus que jamais une cassure territoriale entre des quartiers parisiens pleins de morgue, contempteurs de « bouseux », et des terroirs gascons (pour ne prendre qu’un exemple) où la paysannerie est dans l’air, jusque dans les maisons nobles.

La chose est aggravée par le défaut de natalité de la campagne (la faute à l’école, aux études presque obligatoires, à l’affaiblissement des familles, à la perte du goût des traditions, à l’éloignement du bon sens, à la déferlante du virtuel, à l’appât du confort facile en ville, à l’attrait de la presse, à la soif de numéraire, etc.), démographiquement compensée par l’arrivée de « néo-ruraux » boboïdes apportant avec eux tous les travers et vices de l’urbanité, sans jamais vraiment s’adapter aux réalités rurales.

Pour certains, la campagne n’est qu’un havre de paix et de tranquillité, et non plus une terre de labeur : c’est le lieu des vacances perpétuelles, où la moindre gêne (ou ombre au tableau fantasmé) devient intolérable.

Malheureusement, les plans à répétition se sont avérés tous plus inefficaces les uns que les autres. Ces injections ne fonctionnent pas. C’est la liberté qui manque !