Soustons (40) : deux nouveaux venus s’attaquent aux palmipèdes

Soustons (40) : deux nouveaux venus s’attaquent aux palmipèdes

8 octobre 2019 1 Par Charles

Le phénomène des « néo-ruraux » a commencé il y a un demi-siècle. Il s’agissait alors d’écologistes ou de soixante-huitards qui partaient s’installer dans des campagnes reculées, à l’instar de l’Ariège. Ils vivaient un peu en marge des autochtones et conservaient des manières ou habitudes urbaines, souvent à leur corps défendant, mais tout allait bien, les choses s’arrêtaient là. Les ruraux en parlaient et en parlent avec sympathie.

Les choses ont cependant bien changé. Ces dernières années, des vacanciers de passage mais aussi des « néo-ruraux » nouvelle génération permanents se permettent de prendre d’assaut la vie rurale. Il y a des touristes qui veulent faire taire les cloches, des fainéants souhaitant la mort des coqs, des esprits faibles insultant les chasseurs, des périurbains ne tolérant pas l’odeur des vaches… Désormais, il y a les résidents qui veulent faire disparaître oies et canards.

Soustons, terre de palmipèdes touchée par cette maladie nouvelle

Nous vous invitons à signer urgemment une pétition sur Change.org, en soutien (10 000 signatures au moment où j’écris) d’une retraitée habitant dans la même maison depuis 36 ans : Dominique Dourthe, âgée de 67 ans. Celle-ci habite au Hardy, à Soustons, dans les Landes de Gascogne, terre d’oies et de canards par excellence. Mais c’est aussi une certaine station balnéaire, qui jadis ne s’animait que l’été, mais qui accueille désormais de « nouveaux venus » à l’année. Or, l’un d’eux (en réalité, un couple) a eu l’incroyable audace de vouloir faire taire la maigre cinquantaine de palmipèdes de sa voisine. Comme si le caquètement des canards était insoutenable… Qu’il aille donc faire taire les voitures des villes en se mettant en travers des routes… !

Le trublion de service, bien sûr, pour couvrir son égoïsme , de ne pas manquer de palabrer que cet « élevage de canards est illégal et contraire aux règles sanitaires départementales ». Évidemment, en cherchant bien dans le fouillis des lois républicaines, on trouvera toujours de quoi fermer telle ou telle chose.

Où va-t-on ?

Heureusement, la mairie de Soustons n’a pas soutenu les fauteurs de troubles. Elle lui a proposé une médiation, aussitôt refusée – ce qui manifeste bien la pertinacité des deux voisins.

Les tribunaux, en la matière, ne sont pas toujours justes. C’est ainsi qu’une cour périgourdine a obligé des particuliers à reboucher une mare, sous prétexte que les deux grenouilles qui y vivaient faisaient trop de bruit – ou ne chantaient pas assez bien… ?

À Dax, le 3 septembre 2019, les porteurs de la plainte étaient bien évidemment absents, ne souhaitant pas se confronter aux Gascons qui l’auraient accueilli de pied ferme et lui auraient fait savoir leurs quatre vérités… Le couple a cependant trouvé une avocate ayant accepté de le défendre, celle-ci expliquant même que l’été, la nuit, ils sont obligés de laisser les fenêtres fermées ! Or, quand on se protège contre la chaleur, on ferme les fenêtres le soir et la première nuit, pour ne les ouvrir que tôt matin… La décision du tribunal est attendue pour le 19 novembre prochain, et sera probablement attentivement suivie.

Espérons que le « patrimoine sensoriel rural » sera inscrit et protégé (quoique nous ne soyons pas des inconditionnels de juridisme) et que les Soustonnais rendront la vie impossible à leurs trouble-fêtes !