Petit détour par le vignoble bordelais…

Petit détour par le vignoble bordelais…

18 octobre 2019 1 Par Charles

La civilisation romaine a couvert nos pays du Midi de vignes, et pour l’instant nos peuples n’ont pas totalement dérogé à ce bel héritage. Cela nous fournit une occasion d’évoquer avec vous une passion, qui se trouve également être un véritable trésor de la Création !

Des vignobles d’exception

Indubitablement, dans l’opinion publique mondiale, la France jouit encore d’une image positive en matière viticole : elle est la patrie, la capitale du vin. Pourtant, depuis quelques années, sa production vinicole, aussi bien en termes de quantité que de valorisation, est malmenée, dépassée par l’Espagne et l’Italie. En effet, ces deux contrées plus méditerranéennes disposent de sols et de climats propices aux vignes, avec également une tradition d’excellence héritée des temps antiques.

Aujourd’hui, de nouvelles contrées se mettent à produire des vins de qualité ou, à défaut, en quantité. La Hongrie et l’Autriche redéploient leurs vignobles millénaires ; l’Israël est présent jusque sur le marché français, avec des vins kascher ; l’Argentine et le Chili prennent d’assaut nos supermarchés ; la Californie se perfectionne sans cesse en s’inspirant des méthodes bordelaises et champenoises. Et même la Chine s’y met, bien qu’avec force contrefaçons…

Malgré tout, côté qualité, certains vignobles gaulois conservent une longueur d’avance non négligeable. Parmi eux, sans aucun doute en tête, nous trouvons le Bordelais.

Sur les deux rives de la Garonne

On parle souvent de « vin de Bordeaux » en général. Il en existe pourtant une multitude d’appellations, parfois assez différentes les unes des autres. D’ailleurs, l’appellation « Bordeaux », même « Supérieur », est très loin d’être la meilleure. Au contraire, même si on peut y trouver de bons produits, c’est vrai, il s’agit d’un réceptacle de vins déclassés – par exemple pour des raisons d’encépagement.

Les Américains de passage dans le Sud-Ouest ne jurent que par le saint-émilion et vont presque toujours visiter le remarquable village de Saint-Émilion. Il est vrai que l’appellation comprend quelques châteaux d’exception, mais inabordables pour le commun des portefeuilles. Or, le groupe des saint-émilion et saint-émilion-grand-cru comprend une infinité de vins surfaits, se ressemblant de trop près, ne valant pas leur prix affiché entre 12 et 30 € la bouteille dans bien des cas.

Plus le temps passe, et plus ce problème se consolide également dans le secteur du médoc et du haut-médoc, y compris parmi les crus bourgeois, entre estuaire de Gironde et côte de l’océan Atlantique.

Le bon vin réjouit le cœur de l'homme, nous dit la Bible.
Source : https://pxhere.com/fr/photo/382566

Les œnologues français, contrairement aux touristes américains, préfèrent souvent les appellation pommerol et lalande-de-pommerol, où les crus sont succulents, mais les prix terriblement élevés. Nous trouvons quant à nous que le rapport qualité-prix est plus sain dans la somptueuse petite appellation margaux, sans avoir besoin de taper sur le château éponyme ou son concurrent Palmer.

Les budgets les plus raisonnables pour de la grande qualité se situent probablement dans les graves, avec leur « tête de cuvée » en pessac-léognan. Il est encore possible d’y dénicher de véritables perles ! En outre, nos goûts personnels nous orientent volontiers vers le moulis et le saint-estèphe… mais aussi vers le cadillac : infiniment moins cher et aussi plus facile à boire que le sauternes, sont rapport qualité-prix n’a aucun mal à être largement supérieur. Certains en diront autant du barsac, du loupiac, du sainte-croix-du-mont et des particulièrement accessibles premières-côtes-de-bordeaux.

Dommage que tous ces trésors de la civilisation judéo-chrétienne et gréco-romaine soient surtaxés par l’État… !