Ce qui vous attend avec la loi « Alimentation » 2019…

Ce qui vous attend avec la loi « Alimentation » 2019…

23 octobre 2019 1 Par Charles

Il y a peu, nous revenions avec un an de recul sur le bilan de la précédente loi dite « Alimentation », votée à la fin de l’année 2018. Et il nous faut à présent analyser ce que nous promet la prochaine… Eh oui, car par malheur c’est chaque année qu’un « projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » (rien que le nom de ce projet de 2019 a de quoi faire peur !) succède à un autre, toujours à peu près équivalent.

Depuis 1789, rien de bien ne semble sortir des États généraux…

Le projet de loi passé par l’Assemblée nationale dès le 8 octobre 2019 a été concocté à la suite des « États généraux de l’alimentation ». Vu tout ce qu’ont donné de néfaste les États généraux depuis 1789 inclus, il faudrait peut-être se passer et de cette expression, et des mises en scène qu’elle recouvre… Je ne sais pas vous, mais moi, quand j’entends « États généraux », je suis bien tenté de sortir mon arbalète !

Le paradoxe est remarquable : on reproche aux gouvernants de faire preuve d’ultra-libéralisme, mais lorsqu’ils se mettent à « réglementer » dans certains domaines ils produisent de véritables catastrophes ! Est-ce le hasard, ou bien est-ce calculé et il faudrait y voir une stratégie des personnes qui s’enrichissent d’un ultra-libéralisme tempéré par le monopole étatique indu ?

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Encore une fois, le but affiché est de soutenir les agriculteurs – comme l’année dernière, au passage, où l’échec a été plus que cuisant. Officiellement, les parlementaires et le gouvernement (c’est un projet, et non une proposition de loi) expliquent vouloir faire en sorte que les producteurs aient de meilleurs revenus en vendent leurs productions à un prix un peu plus haut. Non seulement cela manque à chaque fois, mais en plus c’est une mauvaise façon de procéder : ce qui ne fonctionne pas, c’est la privation de liberté et la mise sous tutelle par l’État et l’Union européenne de l’agriculture française. Il n’y aura pas de fin au mal-être des agriculteurs tant qu’ils seront soumis à ce carcan, même si beaucoup n’en ont guère conscience : et pour cause, la politique de subventions date de trop longtemps !

La finance aime à utiliser le monopole réglementaire de l’État

C’est la morale de l’histoire. Il est d’ailleurs consternant de croiser des agriculteurs ou des syndicats agricoles du type Confédération paysanne rouspéter contre les résultats sans remettre en cause les moyens mis en œuvre et la légitimité même de leur mise en œuvre. Pourtant, il est clair que les campagnes d’un lointain jadis étaient heureuses d’être libres, même sans numéraire ; désormais, plus l’État intervient, plus il crée de problèmes – en plus de s’attacher et de s’asservir les travailleurs de la terre. Effet boule de neige et saut en avant dans le vide, c’est un peu de tout cela.

La grande distribution et ses actionnaires s’engraissent cependant, ainsi que l’État lui-même qui y prélève des taxes plus nombreuses et plus facilement que sur les circuits courts et les procédés de troc qui tâchent tant bien que mal de les éviter. Producteurs, acheteurs et petits intermédiaires paient les pots cassés des lois Alimentation : mais jusqu’à quand ?

Le parcours de la loi Egalim 2019 est cependant chaotique et plus long que prévu, mais dans la mesure où il est confié aux officines parlementaires, administratives et syndicales, on a du souci à se faire…