Menace parlementaire sur les courses de taureaux

Menace parlementaire sur les courses de taureaux

24 octobre 2019 0 Par Charles

Cela fait des années, voire des décennies, que les « anti-corridas » souhaitent imposer leur point de vue, en France comme en Espagne. Leurs offensives se rapprochent les unes des autres, et apparaissent d’autant plus dangereuses que la corrida est fragilisée par ses abus internes (toreristas et vedettes difficiles…), par la dernière crisé économique mondiale (surtout en Espagne) et par la baisse du niveau de vie des populations (sensible en France).

Une stratégie d’usure pour lutter contre l’art tauromachique

Paradoxalement, beaucoup croient que la loi contre la cruauté infligée aux animaux devrait s’appliquer à la corrida. Rien de plus faux : cet article de loi émane d’ailleurs de la personne qui a présidé les premières courses de taureaux en France au milieu du XIXe siècle ! Ce fut donc une catastrophe symbolique d’y adjoindre par la suite un alinéa semblant indiquer une dérogation pour la course de taureaux.

Quoi qu’il en soit, du point de vue de la jurisprudence et du droit constitutionnel, la corrida de toros ne peut pas être interdite en France.

C’est pour cela que ses opposants, qui à 99 % ne le connaissent pas et n’en on jamais vu, ont décidé d’apporter une autre stratégie, détournée, d’usure et de long terme.

Leur nouveau cheval de bataille est d’interdire l’accès aux arènes aux mineurs (ou, du moins, à certains mineurs : moins de 12, 14, 16 ans…). L’objectif : tarir peu à peu le public en l’empêchant de se renouveler. Or, une proposition de loi en ce sens a d’ores et déjà été annoncé par Aurore Bergé, député du groupe La République en marche (comme par hasard !).

La résistance s’organise

Décidément, le ras-le-bol a de nos jours beaucoup de prétextes pour s’exprimer dans notre pauvre pays… Des parlementaires LREM ont déjà suggéré d’augmenter les taxes sur les alcools, ce qui ne jouera pas en faveur de la consommation de bon vin, laquelle se perd déjà malheureusement en France. Toutes les traditions sont inlassablement attaquées. Quand on voit les reculades de Didier Guillaume, on a tout compris…

Heureusement, la résistance s’organise et, dans le Sud-Ouest notamment, des personnes n’ayant plus fréquenté les arènes depuis des années ou des décennies expriment leur mécontentement dans les cafés, marchés, etc. Il est fort à parier que l’année prochaine sera faste pour certaines ferias.

La course de taureaux a d’innombrables vertus, si bien qu’il serait impossible de toutes les énumérer en moins de mille page. Parmi elles, il y a celle du rapport au réel. Il n’est donc pas étonnant que dans une société de plus en plus urbanisée et virtualisée elle devienne intolérable. Elle est sans doute le seul endroit où l’on puisse être mis en face de la mort, de l’animal, mais aussi de la mort possible de l’homme : cette même mort que l’on tâche de cacher le plus possible… Et c’est au nom de la violence qu’Aurore Bergé s’attaque à la corrida ! Or, il faudrait surtout faire la part entre la violence légitime et la violence néfaste, celle qu’imposent les cercles de pouvoir dans de très nombreux domaines par exemple.

Une affaire à suivre très attentivement… Y compris, si la loi passait conformément aux annonces de Bergé, en ce qui concerne les cas de désobéissance civile qui devraient se faire jour.