En France, l’agriculture bio gagne du terrain, mais connaît des freins

En France, l’agriculture bio gagne du terrain, mais connaît des freins

4 novembre 2019 0 Par Cécile

Sans surprise, l’agriculture biologique continue de gagner du terrain en France, petit à petit. En 2018, on dénombrait six mille six cents conversions, phénomène qui sera confirmé à la fin de la présente année pour l’exercice 2019. Petit point de situation.

Un bio en pleine croissance

Certes, le bio vaut sans doute mieux que l’agriculture conventionnelle, elle-même déjà supérieure à celle d’il y a quelques décennies, laquelle utilisait des pesticides et produits chimiques à outrance. Mais cette agriculture biologique est loin d’être une panacée, étant donné qu’elle n’est somme toute qu’une espèce de cahier des charges administratifs. D’autant plus que des produits étiquetés « bio » ne le sont pas vraiment.

Les freins au bio sont eux aussi d’ordre administratif, si l’on veut. En effet, les aides à la conversion sont plafonnées et, de plus, versées en retard. Mais c’est précisément là où le bât blesse : on voit par là que l’agriculture biologique n’est qu’une agriculture raisonnée et officielle de nouvelle génération, qui ne remet en rien en cause les modes de productions agro-industriels et agri-financiers ; on est très loin de la bonne et saine paysannerie.

Le bio reste à la botte de l’État

Les retards de paiement des aides au bio concerneraient près de 20 % des subventions promises, n’excédant pas les dix-huit mois.

Tout cela entre dans le système parfaitement bétonné de la grande distribution et de la transformation des produits. Rien à voir avec une agriculture paysanne de proximité et le retour à des circuits courts. Le mouvement vers le bio ne se fait donc pas, en réalité, en faveur des travailleurs de la terre – en grande partie du moins. Ils restent les otages d’un système dont ils sont dans la plupart des cas les victimes consentants (comme avec la PAC – Politique agricole commune).

Le monde paysan et rural a encore du souci à se faire, la tendance ne semble pas près d’être inversée !