L’étiquetage bio cache bien des fraudes

L’étiquetage bio cache bien des fraudes

8 novembre 2019 0 Par Cécile

Soucieux de leur santé, et peut-être un peu de l’environnement, les Européens en général et les Français en particulier sont toujours plus nombreux à s’efforcer d’acheter au maximum des produits « bio ». Malheureusement, sous l’étiquette, la réalité n’est pas toujours celle que l’on attendait…

Dans le bio, du vrai et du faux

À bien des égards, le bio confine à une agriculture raisonnée. En outre, son cahier des charges change d’esprit en fonction du domaine considéré. Ainsi, une tomate biologique a pu être traitée à la bouillie bordelais. Parallèlement, un vin bio émanant de traitements au cuivre n’est sans doute pas meilleur pour la santé que son homologue conventionnel, fruit de traitements phytosanitaires chimiques…

Quoi qu’il en soit, le marché du bio est juteux. Il est en pleine expansion, mais il est sujet à la fraude. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette fraude n’est pas limitée à quelques cas isolés. Elle est à ce jour parfaitement légale, et même omniprésente dans les supermarchés. Comment cela est-il possible ? C’est ce que nous allons vous expliquer…

Les agriculteurs montent au créneau

Après une première mobilisation nationale le 9 octobre dernier, les agriculteurs ont convenu de continuer leur grogne. À l’appel de la FNSEA (syndicat agricole majoritaire), nombre d’entre eux se sont invités dans le courant de la semaine 23 dans des supermarchés. À Boé dans le 47 (Lot-et-Garonne) notamment.

Ils ont dans un magasin Géant identifié les produits biologiques « frauduleux », en surajoutant une étiquette maison. Dans leur viseur : les produits prétendus « bio » ne répondant ni aux normes françaises, ni aux règles européennes en matière d’agriculture biologique.

En effet, ce sont des articles issus d’autres latitudes, de contrées ayant su profiter de l’engouement des Européens pour le bio afin de leur vendre sous ce label tout et n’importe quoi.

En bref, seuls les produits labellisés « AB » sont véritablement issus de l’agriculture biologique. Les consommateurs ne doivent donc pas se laisser berner par les autres logos et emballages. Ici, d’ailleurs, la grande distribution ne semble pas être exempte de toute responsabilité… La tromperie paraît même savamment organisée. Autre problème : les spécialités locales fabriquées au bon endroit… mais avec de la viande ou des légumes d’autres pays européens !

Pour les agriculteurs, l’opération a également été un moyen de dénoncer le CETA, ou encore Mercosur. Le Canada pourrait effectivement inonder le marché français de produits douteux, ou à l’estampillage approximatif. Un seul exemple donné par la FNSEA : quatre-vingt-seize traitements phytosanitaires en usage au Canada sont purement et simplement interdits en France ! Pourtant, le CETA permettrait la vente en France de nourriture produite grâce à des agents. Cherchez l’erreur !