Lescout (81) : la ferme-usine de la discorde

Lescout (81) : la ferme-usine de la discorde

14 novembre 2019 0 Par Charles

Dans le département du Tarn (81), l’humble commune de Lescout est le théâtre de profonds déchirements. En cause : une importante exploitation de poules pondeuses, recevant volontiers le nom de « ferme-usine », souhaitant s’agrandir encore considérablement. Des riverains y voient cependant une menace.

Entre l’agri-bashing et le bon sens

De prime abord, avant de s’intéresser au sujet, on pouvait se croire dans le devoir de défendre l’exploitant du lieu, Cyril Gallès, qui a même ouvert les portes de son exploitation à la presse locale. Les néo-ruraux d’origine citadine et autres pourfendeurs de paysans sont désormais si nombreux, malheureusement, qu’il était possible que l’affaire de Lescout relevât elle aussi de cette dialectique.

Ce n’est cependant pas le cas – du moins, pas tout à fait. Actuellement, la « ferme-usine » compte 185 000 poules pondeuses, réparties en « unités » de 20 000 volatils environ. On n’est pas très loin, en volailles, de la population humaine du département…

Bien sûr, nous ne partagerons pas pour notre part les accusations de nuisances à cause de l’odeur ou du bruit, ni certaines fadaises du bien-être animal tendant à faire des animaux des espèces de surhommes

L’agro-industrie : une impasse pour l’agriculture

Le cœur du problème, c’est le système financier actuel qui rend (presque) obligatoire l’industrialisation de l’agriculture. Sont appliqués au vivant des principes ne relevant que de l’industrie. Cotisations, impositions, études, faiblesse et isolement obligent, l’écrasante majorité des agriculteurs n’ont d’autre choix que de suivre. C’est pourtant une impasse, dont nous ne sommes en train de payer que les prémisses des pots cassés.

L’alimentation des poules pondeuses « conventionnelles » laisse bien souvent à désirer, surtout lorsque sont en présence des tourteaux de soja importés du Brésil ou des éléments extrêmement douteux pour raviver les jaunes des œufs.

Indépendamment de cela, c’est la perte de tout sens commun et de bon sens que nous devons déplorer. Les structures délirantes et gigantesques causent des torts immenses à la liberté et à la qualité de vie des hommes, nonobstant les apparences, et ce dans tous les domaines. Mais le secteur agricole est sans doute celui où cette démesure est la plus choquante.