Déchets verts abandonnés en forêt : les cas se multiplient

Déchets verts abandonnés en forêt : les cas se multiplient

19 novembre 2019 0 Par Charles

C’est la région Île-de-France qui est naturellement la plus touchée par ce nouveau phénomène qui croît de jour en jour. Il s’agit de l’abandon sauvage de déchets verts dans les forêts. L’ONF (Office national des forêts) a lancé l’alerte. À rebours, si la pratique de ces dépôts a de quoi nous laisser bouche bée, elle nous renseigne sur quelques problèmes majeurs.

Premièrement : les faits

Dans l’abandon de déchets végétaux en forêt, deux faits majeurs dérangent.

Le premier est le caractère répréhensible de ce qui s’apparente à un viol de propriété (même publique). En effet, personne ne peut s’arroger unilatéralement le droit de disposer d’un bien qui n’est pas à lui – et qui plus est de lui nuire.

Le deuxième est le bouleversement du riche écosystème propre aux zones forestières. Des essences indues sont ainsi déposées, pouvant porter des germes ou insectes indésirables pour la forêt, tout en en gênant le développement normal et harmonieux.

C’est au moment de la taille des haies, du printemps à l’automne, que le phénomène est logiquement le plus important. Les bois de Saint-Cucufa, Fausses-Reposes et Meudon comptent parmi les plus touchés.

Pourtant, les particuliers responsables encourent 1 500 € d’amende, contre 75 000 € pour un professionnel. L’ONF a d’ailleurs été obligé d’installer des appareils dans les arbres pour surveiller les abords des forêts touchées. Ses agents doivent parfois faire face à des comportements très hostiles.

Deuxièmement : les causes

Cependant, si nous aurions grande peine à excuser les coupables, il est indéniable que diverses causes jouent sur la massification de ce phénomène récent.

La première est bien évidemment un problème de mentalité. Beaucoup de gens ne respectent plus les autres personnes ni les propriétés, quel que soit leur régime d’appropriation. Pareillement, des entreprises préfèrent s’abandonner aux dépôts illégaux à l’abri des regards, plutôt que de passer par une déchetterie payant pour les professionnels – il est même possible qu’indirectement des collectivités publiques soient elle-mêmes concernées !

La seconde est peut-être la plus importante : l’interdiction de brûler des déchets verts chez soi, à domicile. Cette interdiction n’est absolument pas respectée dans la majeure partie de la France, où l’on peut voir des maires ruraux allumer eux-mêmes de grands brasiers, que ce soit pour la commune ou sur leur propre terrain… En revanche, dans la couronne parisienne, comme la densité de population est plus importante, la présence publique répressive plus proche et le mentalité peut-être moins libre, peu d’individus prennent le risque d’allumer un feu – ce en quoi les autorités sont ravies, mais il y a le revers de la médaille…

La troisième tient à la difficulté d’accès à certaines déchetteries, même pour les particuliers qui y jouissent de la gratuité. Queues interminables ou heures d’ouverture impossible, c’est un problème supplémentaire qui vient se surajouter à la question.